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Kitsu se retrouve derrière des longs-métrages d’animation comme « Le petit Nicolas : Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? ». © On Classics/Bidibul Productions

Animation : Kitsu, logiciel innovant et open source

 

Quelle est la spécificité de Kitsu ?

Frank Rousseau : Nous avons développé ce logiciel en 2017 et commencé à le proposer dans une offre commerciale à partir de 2019. À la différence de solutions beaucoup plus complexes et formatées pour les très grosses productions (comme ShotGrid d’Autodesk,ndlr), nous avons fait le pari de la simplicité de la prise en main. Il est important pour nous que toutes les parties impliquées dans une production puissent intervenir dans le projet en tirant partie des fonctionnalités du logiciel. Les informations circulant de manière plus fluide, la production peut anticiper les problèmes. Et les artistes sont en mesure de comprendre les intentions globales et artistiques du projet et ainsi se concentrer sur leur création.

 

Kitsu a-t-il été conçu à l’origine pour traiter les séries d’animation ?

À l’origine, Kitsu était très orienté sur la 3D (format court puis long-métrage). Les studios 2D ont néanmoins tout de suite vu l’intérêt de disposer d’une solution clé en main. Nous avons donc évolué sur ces deux offres. Kitsu se retrouve ainsi derrière des longs-métrages d’animation comme Unicorn Wars mais aussi Le petit Nicolas : Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?, etc. Aujourd’hui, nous constatons une forte demande de la part des studios engagés dans la production de séries télé pour laquelle un gros volume de plans doit être livré à l’heure et dans une bonne qualité. Kitsu accompagne les studios dans leur croissance comme Fost, Tu Nous Zas pas vus, Cube Creative, Miyu (etc.), et leur permet de monter des coproductions ambitieuses.

 

Comment faire évoluer Kitsu sans complexifier le logiciel ?

L’interaction utilisateur correspond effectivement à un véritable enjeu. Lorsque nous ajoutons de nouveaux modules ou fonctionnalités, nous veillons toujours à ce que le socle de base reste le plus simple possible. Pour que les studios puissent mieux prendre en charge l’aspect multiproduction par exemple, nous avons ainsi ajouté des fonctionnalités leur permettant d’avoir une vue globale sur les productions en cours, d’obtenir des statistiques, d’établir des plannings, de gérer les emplois… Quels que soient les ajouts, Kitsu doit demeurer un logiciel clé en main. Parmi les évolutions prévues de Kitsu, nous pensons intégrer des indicateurs de consommation carbone en fonction des productions. Nos partenariats commerciaux avec Carnot et Range Computing (fermes de rendu) vont dans ce sens. Enfin, nous avons mis en place une formation avec l’organisme Le Socle Formation. À terme, nous aimerions faire en sorte que chaque graphiste puisse disposer, dans Kitsu, d’un espace dédié afin de gérer son travail de manière unifiée au sein des studios qu’il fréquente.

 

Kitsu à l’international ?

Nous sommes déployés dans 23 pays et sur cinq continents. Ce qui représente environ 70 studios d’animation au total (et une dizaine d’écoles). Si notre parti pris de la simplicité commence aujourd’hui à porter ses fruits, il existe encore, pour nous, une marge de progression ! Mais Kitsu est bien parti pour devenir le standard des productions animées.

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #49, p. 154-160